
Vous parler ?
Non.
Je ne peux pas.
Je préfère souffrir comme une plante,
Comme l'oiseau qui ne dit rien sur le tilleul.
Ils attendent. C'est bien.
Puisqu'ils ne sont pas las d'attendre,
J'attendrai, de cette même attente.
Ils souffrent seuls.
On doit apprendre à souffrir seul.
Je ne veux pas d'indifférents prêts à sourire
Ni d'amis gémissants.
Que nul ne vienne.
La plante ne dit rien.
L'oiseau se tait. Que dire ?
Cette douleur est seule au monde, quoi qu'on veuille.
Elle n'est pas celle des autres, c'est la mienne.
Une feuille a son mal qu'ignore l'autre feuille.
Et le mal de l'oiseau, l'autre oiseau n'en sait rien.
Sabine Sicaud

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