C'est la fin du spectacle. L'image n'est pas du travail de pro, mais avec ces ombres de corps humains et ces flammes, elle résume le chaos du nazisme
J'ai vu cette semaine au théâtre GRAND'PEUR ET MISERE DU 3ème REICH, de Bertolt Brecht, et c'est un bouleversement total.
Brecht y décrit l'Allemagne, depuis l'avènement d'Hitler jusqu'aux prémices de la guerre. Une Allemagne brisée par l’humiliation, la défaite, (celle de 1918), le krach économique importé des Etats-Unis, le chômage, les pénuries, la misère…
S'inspirant de récits de témoins oculaires et d’extraits de journaux pour montrer l’enracinement du régime nazi, les 24 scènes de son oeuvre montrent l'intimidation, la dénonciation, la corruption, la bêtise et la haine que la propagande de Goebbels a fait naître parmi le peuple allemand.
Le nazisme se nourrit de toutes les peurs « naturelles » de l’homme. Le ventre sera-t-il toujours fécond d’où a surgi la bête immonde ? Telle est la question qui continue de se poser aujourd’hui encore, partout dans nos sociétés.
Brecht contredit l'opinion courante d'après laquelle le fascisme serait l'oeuvre de quelques individus «démoniaques». A ses yeux, c'est l'opportunisme et la résignation de ceux qui croient ainsi sauver leur peau qui installent le fascisme, le nourrissent et le pérennisent.
« Monsieur Comment-s’appelle-t-il-donc-au-Juste » (nom donné par Brecht à Hitler) parlait lui aussi de bouter les étrangers hors des frontières...
Avec sa description des camps de concentration réservés en premier lieu aux opposants politiques, de l'antisémitisme et du racisme répandus par la propagande de Goebbels, Brecht nous fait entrevoir la vie sous le reich hitlérien, et nous fait prendre conscience de notre rapport au monde.
Et ce qui me bouleverse, c'est le rapport qu'il peut y avoir avec la crise actuelle, où le spectre des famines orchestrées par la pénurie et la spéculation ose encore réapparaître, avec des émeutes de la faim, et où les libertés individuelles dans le monde (aux states avec le Patriot Act aussi bien qu'en Asie, et en Europe) se réduisent de plus en plus à une peau de chagrin.
http://wwwedu.ge.ch/co/florence/place_aldomonti/option3/medias/Brecht_dosssierPedagogique.pdf

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